La craie était encore fraîche. Bijou l'a touchée, et son doigt est devenu blanc.
Une croix sur une porte de tôle, à Matete, ça ne veut dire qu'une chose. Tonton Mbala est passé.
Trois mois de loyer. Elle en avait payé un, avec l'argent des tomates, en juin.

Derrière la porte, sa mère chantait. Mama Nsimba ne chante que quand elle a peur.
Bijou est entrée sans bruit, comme on entre chez quelqu'un qui ment.

Dans la cuisine, sa mère poussait quelque chose sous le charbon, avec la pince.
Le tissu dépassait. Un pagne que Bijou connaissait : celui de l'enterrement de son père.
— Maman. Qu'est-ce que tu caches ?
— Rien. La braise s'éteint, c'est tout.
Bijou a pris la pince des mains de sa mère. Le paquet est sorti tiède, noir de suie.

Sous le pagne, il y avait du bois sculpté. Et sous le bois, il y avait de l'argent.
Des billets pliés en trois, serrés d'un élastique de cheveux. Beaucoup.
Son père était mort depuis onze ans. Sa mère vend du manioc devant l'école.
— Ne compte pas, a dit sa mère. Ça ne t'appartient pas.